5 diapasons

5 diapasons

Bénéficiant de magnifiques instruments conservés au Musée d’Art et d’Histoire de Genève (des copies de Guarnerius, Stradivarius et Servais réalisées au XIXe par la famille Vuillaume), les Terpsycordes dessinent un univers contrasté, en suivant une progression expressive moins erratique que d’autres ensembles. La beauté des arpèges du premier violon évoque irrésistiblement le paradis annoncé par la deuxième des Paroles; le désespoir de la quatrième (« Pourquoi m’as-Tu abandonné ? ») est traduit sans emphase, avec un nuancier dynamique assez étonnant; et la richesse conceptuelle de cette histoire sans parole mais tellement « disante » (la dimension baptismale de la cinquième, l’accomplissement fatal et divin de la sixième, la confiance retrouvée de la septième) est traduite sans sécheresse, avec un velouté instrumental presque idéal (le mordant moiré de la dernière Parole est bluffant, avec ses sourdines satinées).

Jean-Luc Macia